Beaucoup de bailleurs pensent qu’un simple retard de paiement permet de déposer plainte et d’obtenir une condamnation immédiate.

⚠️ Faux.

La filouterie de loyers est une infraction strictement encadrée par l’article 322-1 du Code pénal camerounais.

📖 Est puni d’un emprisonnement de 6 mois à 3 ans et d’une amende de 100 000 à 300 000 FCFA le locataire d’un bail dûment enregistré qui, débiteur d’au moins deux mois de loyers, ne paie pas et ne libère pas les lieux un mois après sommation.

⚖️ Quatre conditions cumulatives sont exigées :

✅ 1. Un bail dûment enregistré

Le contrat doit être enregistré.

📖 Article 362 CGI : le juge ne peut statuer sur un acte soumis à enregistrement non régularisé.

✅ 2. Deux mois de loyers impayés minimum

Un seul mois ne suffit pas.

✅ 3. Une sommation régulière

Le bailleur doit exiger paiement ou libération des lieux.

✅ 4. Un mois sans réaction

Après sommation, le locataire doit rester inactif pendant un mois.

⚠️ Si une seule condition manque, l’infraction tombe.

⚖️ Attention : l’article 74 du Code pénal ajoute une exigence essentielle → l’élément moral.

Il faut démontrer une volonté de se soustraire aux obligations locatives. Le juge apprécie les circonstances de chaque dossier.

👨🏾‍⚖️ Exemple pratique

M. CHIPAPOUOGNIGNI loue un appartement à M. ACHOUO à Douala.

Après trois mois d’impayés, il porte plainte immédiatement.

❌ Sans bail enregistré ou sans sommation préalable, la plainte ne peut prospérer.

✅ En revanche, si toutes les conditions légales sont réunies (bail enregistré, deux mois d’arriérés, sommation, délai d’un mois écoulé et intention frauduleuse), l’infraction peut être retenue.

🎯 À retenir :

Beaucoup de bailleurs échouent non parce que leur droit n’existe pas, mais parce que la procédure pénale n’est pas respectée.

En matière de loyers impayés, la rigueur juridique est déterminante.

✍️ Me NJIKEY Arnaud – Avocat