Selon les experts, les emprunts obligataires alourdissent la dette privée des Etats.

L’Afrique centrale jouira-t-elle un jour d’une économie indépendante et solide ? La conjoncture actuelle ne présente pas un avenir rose. Les pays de la région ont une économie extravertie. La Banque mondiale, BM, relevait à propos que la dette extérieure globale (les biens que les pays doivent aux pays ou bailleurs fonds) de l’Afrique centrale s’élevait à 17.241 milliards dollars en 2014. Ce qui correspond à 20,5% du Produit intérieur brut de la région.  La Banque Mondiale précise que la plus grosse part de cette dette revient au Cameroun avec 30% du montant total. Avant cette somme (17.241 milliards atteint en 2014), la région était de 21.622 milliards dollars.  Les principaux facteurs de surendettement sont pourtant connus.

Les emprunts obligataires. Le Cameroun et certains voisins ont épousé le concept. «Les emprunts obligataires contribuent de plus en plus à l’accroissement de la dette privée», a-t-on appris ce mardi 8 août 2017 lors de la conférence régionale sur la dette en Afrique centrale. Une rencontre initiée par African forum and network on debt and development (Afrodad), en collaboration avec la Plateforme d’information et d’action sur la dette (Pfiad). Fil conducteur des échanges, «Comment faire face aux défis majeurs liés à la gestion de la dette publique au niveau de la région Afrique centrale ?». «Le Gabon et le Cameroun ont accumulé plus de 3,750 milliards d’euro-bonds. Tous ces deux pays ont émis leurs bonds en dollars américains avec des échéances de 10 ans généralement et plusieurs de ces bonds sont côtés à la bourse de Londres. Il est à noter que l’emprunt à l’international induit des taux élevés de remboursement lorsque la monnaie se déprécie», renseigne-t-on. Le fait que les pays étrangers et autres bailleurs de fonds décident de financer x projet n’est pas une manne. En fait, les «programmes d’investissement financés par la dette extérieure» sont un facteur du surendettement. On cite aussi les déficits budgétaires. En 2014, la dette intérieure  du Cameroun a grimpé pour atteindre 31,1% de sa dette publique. Pareil au Tchad où la dette représentait 7,5% de son Pib. Les experts expliquent qu’en 2015, «la dette intérieure de la région a atteint 16% du Pib à cause de la montée en puissance du programme d’émission de la dette sur le marché de la Cemac

Le Cameroun et ses voisins peuvent-ils se développer sans ses fonds ? Entrepreneur et membre de la société civile gabonaise, Paul Nicolas Nguéma souligne que «s’endetter n’est pas forcément une mauvaise chose. S’endetter devrait permettre à nos Etats d’effectuer des investissements structurants.» Le problème c’est la «mauvaise gouvernance omniprésence dans nos pays.» Les travaux qui s’achèvent mercredi 9 août 2017 devraient planter et trouver les solutions pour des emprunts responsables, explorer les options de politiques alternatives de gestion de la dette intérieure et extérieure…

Valgadine TONGA

 

Au Sénégal, la compétition électorale est un écran de fumée. Au fil des scrutins, les citoyens votent mais n’entrevoient aucun changement qualitatif de leurs conditions de vie. Une caste s’érige, fruit d’une alliance objective entre leviers politiques, économiques et religieux. La classe politique, interchangeable, se succède mais ne transforme guère la société à l’aune des véritables attentes du citoyen. Or la corruption, la transhumance, la dévalorisation du travail et du mérite, la régression sociale, l’indigence culturelle et intellectuelle ne sont pas une fatalité.


La rupture de confiance entre la classe politique et les citoyens résulte d’un système essoufflé, incapable d’enrayer la montée des inégalités sociales et de répondre aux préoccupations de sa jeunesse. Les citoyens se sont détournés de la classe politique, qu’ils jugent corrompue et immorale. « Tous pareils ! », entend-on dans nos villes surpeuplées et nos campagnes délaissées. La jeunesse, dans son écrasante majorité, a érigé un cordon sanitaire entre elle et un système qu’elle juge peu soucieux du devenir de notre pays.


Penser un logiciel de « construction du commun »

Le rejet d’une classe politique ne peut constituer un projet de société. L’indifférence et le découragement sont les deux faces d’une même médaille, celle, hideuse, du renoncement. L’indignation est un moteur de citoyenneté affirmée. Et, pour être fertile, elle doit être le début d’un engagement dans la formulation d’une vision du monde qui va à rebours de l’offre politique actuelle. Rentrer en politique est un impératif catégorique en vue d’amorcer un renouvellement des idées, des méthodes et des pratiques soucieuses des intérêts du peuple, sur lequel une minorité exerce un pouvoir légitimé par le suffrage universel.



Plutôt que de s’arroger l’espace, en marge des strates du pouvoir, de la dénonciation stérile, la jeunesse, se prévalant de sa compétence et de son éthique, doit se mettre au service de l’intérêt général afin de penser un logiciel de « construction du commun ».

Le Sénégal souffre dans ses entrailles mais n’est en rien condamné au cercle vicieux de l’abaissement national et de la malédiction politicienne. Les politiciens professionnels ne constituent pas un horizon indépassable. Il existe un socle de sursaut pour les luttes futures qui dessineront une trajectoire nouvelle de transformation sociale et sociétale dans l’égalité, la liberté et la justice.



La politique « professionnelle » mène à des impasses

Tout est politique. Ne pas être politisé – à dissocier de « ne pas faire la politique » –, c’est placer une somme de destins entre les mains d’autrui et ne pas se soucier de ce qu’il en fait. Derrière le mépris à l’égard de la chose politique se cache une indifférence à l’échelle individuelle qui, adoptée par un grand nombre de citoyens, devient paralysie collective. C’est par le politique qu’on réussit le passage du statut d’homme à celui de citoyen conscient de l’état de la cité, concerné par son devenir et engagé à œuvrer à un mieux-vivre commun.



Etre politisé, c’est connaître les enjeux du vivre-ensemble, être au fait des rapports de domination au sein de la société, chercher à se donner les moyens d’être à l’abri de toute forme de manipulation. Etre politisé, c’est penser le commun, théoriser les valeurs collectives sur lesquelles doit s’adosser un vivre-ensemble de qualité, écrire la libération des plus faibles et chercher les moyens non partisans de la transmettre à celles et ceux qui pourront y accéder.

Se politiser, c’est introduire et défendre un discours et une pratique de rupture avec un système vicié par une alliance des forts qui dirigent le jeu par l’accaparement et les passe-droits. Les politiciens « professionnels » vendent les mêmes illusions, qui mènent à des impasses.


comme Cheik Anta Diop et Sémou Pathé Guèye

Penser le politique est une chose. Faire de la politique en est une autre, avec sa dimension partisane pleinement vécue dans le champ de la compétition électorale. C’est donc prendre parti et proposer une vision du monde, une alternative en cohérence avec ses valeurs. Il s’agit de s’engager sur le terrain pour porter directement un discours de rupture auprès des faibles et des opprimés. Comme l’ont fait Cheikh Anta Diop et Sémou Pathé Guèye, entre autres.

Face à la crise démocratique dans notre pays, dont l’exemple le plus visible est la perte de crédibilité de la politique, une transformation de l’action publique est nécessaire. C’est elle qui charrie les volontés de lutte contre les inégalités, contre les accaparements des richesses communes, contre les goulets d’étranglement au service d’intérêts individuels, contre l’insuffisance de services sociaux de base, contre le déficit de souveraineté économique et culturelle…



D’où l’urgence de permettre l’avènement de personnes qui gouverneront autrement, qui, sur le terrain, iront à rebours de l’inaction et érigeront l’éveil des consciences en grand nombre. Nous suggérons d’arriver à une hybridation des préoccupations individuelles vers un mouvement commun, qui est la nécessaire politisation de la jeunesse afin d’aboutir à un engagement partisan. Par cette voie, nous proposons une révolution transformatrice de l’action publique, à même de faire advenir nos utopies collectives au service du progrès social et de la dignité humaine.

 

 

Page 1 sur 23

RECHERCHE

SUIVEZ-NOUS SUR

VISITES SUR LE SITE

1294221
Aujourd'hui
Hier
Cette Semaine
Ce Mois
Tous les jours
38
103
210
1781
1294221

NEWSLETTER

Recevez les dernières infos de UMA
Conditions d'utilisation
Go to top